Sa Pathologie


Entrons maintenant plus précisément dans sa pathologie.
De quelles maladies a-t-il souffert ?

    En débutant par le mental :
En préambule, notons que la sensibilité de Napoléon Bonaparte est assez glaciale, et il a du mal à verser une larme, même entouré de tous ces cadavres sur les champs de batailles, sauf de rares exceptions.
Il a présenté fréquemment des convulsions, qui ont été cataloguées par les historiens, et les médecins qui ont bien observé ses symptômes, soit d'hystérie, soit d'épilepsie, ou les deux sans doute.
La mégalomanie est évidente, il sait la manifester tout au long de sa vie. Alexandre, César Charlemagne et Gengis Khan, sont des exemples à suivre, pour lui, et il veut non seulement leur ressembler, mais faire mieux !
Quant à l'amour, il le dit lui-même, je n'ai dans ma vie, aimé qu'une seule femme, c'est Joséphine. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'en a pas connu d'autres, loin de nous cette pensée, mais toutes les autres faisaient partie de son amusement sexuel, car, de ce côté, son appétit était féroce. À ce sujet, la morale n'existait pas.
"On a le droit de juger les hommes, mais pas l'empereur", disait-il.

    Nous le disions, il est frileux, mais supporte malgré tout le froid extrême de la Russie. Il craint également l'humidité.
Il a connu les rhumatismes à plusieurs reprises.
Il aurait fait plusieurs crises de goutte.
Quant à la tuberculose, il en a été atteint d'une façon absolument certaine, mais il a résisté magnifiquement, et cette maladie n'a jamais pu s'installer totalement chez lui. Précisons que l'on a trouvé, lors de son autopsie, de nombreux nodules tuberculeux au niveau de ses poumons. Rappelons également que son fils, l'Aiglon, est mort de tuberculose à Vienne.
En 1793, à Toulon, il a été blessé à la cuisse, et cette blessure s'est curieusement réveillée très souvent lors de son existence, jusqu'à Sainte Hélène.
C'est à Toulon également qu'il aurait contracté la galle.
Il était très sujet aux migraines, qui ont augmenté en intensité et en fréquence à Sainte-Hélène, mais ceci bien entendu pour d'autres raisons, comme nous allons l'apprendre plus tard, l'arsenic n'étant pas étranger à ce phénomène.
Son foie n'est pas d'excellente qualité. Il a toujours eu ce teint jaune-olivâtre, révélant un certain degré de cholémie.
Son estomac est délicat, quoiqu'il ne s'en plaigne pas trop. Il mange trop vite, ce qui favorise gastrite et ulcère (gastro-duodénal). Mais il n'est pas question de cancer digestif, contrairement à ce qu'ont affirmé de nombreux historiens. L'autopsie n'a d'ailleurs montré aucune tumeur. Napoléon, cependant, a toujours eu peur d'hériter la même maladie que son père, qui, lui, est décédé effectivement d'un cancer gastrique.
Napoléon est habituellement constipé, ce qui explique la prise fréquente de mercure, sous forme de calomel.
Il a également été dérangé, ça et là, par quelques hémorroïdes (équitation).
Son cœur est assez résistant, mais avec le temps, ce cœur va disparaître dans la graisse. Il ne prend pas beaucoup d'exercice, mis à part le cheval. Cette équitation qui aura pour effet, surtout, de lui secouer énergiquement tous ses organes, ses reins et ses testicules en particulier. Son pouls est faible, sourd et lent, du fait d'un cœur noyé dans la graisse.
Il a subi tout au long de sa vie plusieurs refroidissements, à type de bronchites et d'angines. Ce qui ne l'empêchait pas d'exercer ses occupations habituelles, autant dans son travail, que sur les champs de batailles.
Il a souffert, surtout au retour de Russie, d'atteintes infectieuses des reins et de la vessie. On a parlé de gonococcie et de syphilis, mais aucune preuve n'a pu confirmer ces dires. Vu la multiplicité de ses rapports amoureux, cette éventualité était tout à fait envisageable.
Sa dernière maladie, à Sainte-Hélène, a consisté en une intoxication arsenicale, qui a d'ailleurs provoqué son décès. Nous y reviendrons.

    Arrivons maintenant à l'atteinte majeure de son existence, c'est-à-dire cette maladie hormonale dont personne ne parle, et pourtant, les signes cliniques en sont évidents :
Il s'agit du syndrome adiposo-génital, appelé aussi Babinsky-Froelich.
Bien sûr, à l'époque, aucun médecin n'était capable d'en faire le diagnostic, mais aujourd'hui le diagnostic en est aisé. Il est tout à fait curieux de constater qu'au vingtième siècle, aucun historien ni aucun médecin n'en ait fait le diagnostic ? Cette découverte explique pourtant bien des choses au sujet de Napoléon, qu'il s'agisse de son caractère, de son comportement, ou de sa santé en général.